07/02/2015

Accomplir son objectif et atteindre soukha

Le lever s'est fait tardif, déjà une heure de retard au jour J... J'enfile rapidement un petit déjeuner copieux, je me vêts puis pars de tôt matin traverser la ville pour aller faire la course hypothermique.

La course a lieu sur un terrain de golf situé dans le secteur industriel des NTIC et de la recherche spatiale, ma première visite du coin... J'arrive à destination avec hésitation, je dois demander les directions à une station service. J'arrive au pavillon du club, immense et luxueux, juste à temps pour rejoindre au pas de course (les accélérations de réchauffement...) le peloton de coureurs sur la ligne de départ. Je me faufile en arrière du groupe, politesse oblige, où j'ai quelques minutes pour procéder à des exercices préparatoires. L'hiver est beaucoup moins populaire chez les coureurs, nous ne sommes que quelques centaines. Une voix devant crie des directives: le parcours a été tracé hier, il forme une boucle en forme de huit, les tunnels sont  glissants, le ravitaillement d'eau est au point de départ, soit à chaque 5 kilomètres... 10, 9,...3, 2, 1, et c'est parti mon kiki ! Il neige, il fait -12 C. J'ai pris la précaution de porter une veste isolante sous mon coupe-vent... Je marche jusqu'à ce que la distance sépare enfin les participants puis je jogge les premiers kilomètres bien balisés sur le sentier, j'atteins ma cadence que je conserverai durant la course, en alternant avec de la marche rapide. J'ai chaud au premier tour, j'attache mon manteau autour de la taille. Les chansons rythmées enregistrées sur mon iPod me donnent des ailes... Deux tours, trois... je ressens des raideurs sur le coté des cuisses, les muscles tenseurs du fascia lata commencent à faire des leurs; je vais avoir à les travailler plus, par des mouvements latéraux peut-être ?  Il est vrai que le terrain est instable : neige, gadoue, glace, eau, pentes... Je remets mon manteau au 4e tour, mon numéro de coureur bien en vue. C'est maintenant difficile, ma réserve d'énergie a nettement diminuée; je ne me décide pas à prendre ces gels qui se logent tout au fond de ma poche... Le dernier 1.1 km est tracé en dehors de la boucle... Je fais un sprint final et traverse enfin la ligne d'arrivée ! J'ai gagné ma médaille longuement convoitée !


Le moment d'accomplissement s'accompagne d'un état d'euphorie, de bonheur.  Atteindre soukha dit le bouddhisme c'est être profondément en paix avec soi et avec son environnement, c'est un moment de pleine conscience et c'est exactement ce que je ressens en courant et surtout après coup, bien relaxe, le corps endolori de l'effort soutenu de la matinée mais apaisé, les conflits intérieurs disparus, la paix dans l'âme. Bouddha enseigne que cet état d'harmonie peut être permanent...le bonheur intérieur, détaché du preya, ces bonheurs éphémères que procure le matérialisme. Hum ! Le paradis sur terre ! C'est complexe, j'y réfléchis, le temps de récupérer...

02/02/2015

À quoi je pense à ski ? à vivre dans ma force...

Motivée à réussir la course hypothermique, je m'entraine sans relâche, cette fois en croisée à ski, pas classique, dans le parc national. Partir de tôt matin sac au dos en ce beau matin de février à moins 37 c. reste pour moi un mystère de l'inconscience... Car il s'agit d'y passer la journée, dehors à patrouiller sur les pistes. L'équipe de patrouilleurs qui compte un peu sur ma présence est une autre source de motivation mais le 20 km prescrit par la grille d'entrainement du demi marathon pour ce samedi prédomine sur tout autre chose... Je le fais ce 20 km! En fin de parcours ce 20 deviendra un 35-40 km? Je n'ai pas d'odomètre mais il me semble l'avoir roulé l'été dernier à vélo...

Ainsi fait, je pense à ski, à réaliser la distance pour me rapprocher de mon objectif, la course qui aura lieu la semaine prochaine et à ma résistance au froid. Je pense à cette froidure envahissante, je pense à réchauffer mes doigts qui gèlent instantanément à chaque fois que j'enlève mes mitaines... J'augmente la cadence, en me rappelant les recommandations du Dr. Chopra d'apporter le sang de la tête (bien emmitouflée) aux extrémités, en répétant le mantra plusieurs fois...  Après quelques minutes, je sens un picotement brûlant, presque douloureux dans les mains, les doigts, les ongles puis plus rien... la chaleur est revenue, je n'ai plus froid.  Cela se répétera deux ou trois fois durant la journée.


Je me sens bien, je peux maintenant admirer la beauté du paysage, la nature blanche, congelée, croustillante dans l'air glacial. Cet air froid qui me gèle la peau du visage découvert dès que j'entame une descente comme si je bouffais de la crème glacée trop rapidement, juste là, au troisième œil... je me protège en couvrant mes yeux du revers de la mitaine, le temps d'atteindre le plat.

Un quart des sentiers de la boucle que je me suis tracée, parcouru, puis un tiers... je cherche tout au fond de ma mémoire du parc un raccourci pour aller plus vite, pour tricher un peu, le point d'arrivée est si loin et je commence à frissonner... j'ai soif mais je n'ose m'arrêter pour le moment, pas question d'enlever mes mitaines.  Je pense alors à ce que je lisais hier: vivre dans sa force. J'ai sûrement mal interprété cette idée, je vais il me semble, au-delà sinon aux limites de ma force... J'arrive à une bifurcation, un stationnement, un des nombreux points de départ pour les skieurs; je m'y arrête enfin pour me rassasier, thé épicé fumant et gâteau végétarien. Je demande l'heure à l'employée du parc: près de 15h. Elle me raconte que peu de temps auparavant, une dame lui a demandé de l'aide, elle souffrait d'hypothermie...

Je décide à cet instant précis de ne pas remonter la colline pour rejoindre, tel qu'entendu, un autre patrouilleur au refuge pour la pause: insensé ce 10km... ma voiture est au stationnement suivant, moins de km à skier.  Je fouille mon sac à dos pour en sortir un coupe-vent laminé avec capuchon que je revêts rapidement, j'enfile mes mitaines remercie la fille qui me cause, elle ne fait pas de ski, pas d'équipement, mais elle a de nouvelles raquettes et en profite bien, il y a un boisée derrière sa maison... au revoir! j'ai froid!  Encore une quinzaine de minutes pour apporter le sang aux extrémités, et c'est reparti. L'énergie remonte doucement, l'euphorie aussi, le manteau fais son miracle, j'ai gagné! J'arrive enfin! Radisson 380 ici Jo,...griss, griss, griss, Radisson écoute...griss, griss, griss, j'ai terminé ma patrouille, je quitte le secteur 2, bonne fin de journée, griss, griss, griss....





28/01/2015

Course à pied

J'aime relever des défis, le dernier en liste étant l'Hypothermique, un demi marathon couru durant les grands froids canadiens. Dame Nature est capricieuse, on ne peut prévoir la météo du jour de l'événement: fera beau, fera froid, neigera,... En fait, ce qui importe c'est d'y être bien préparé!


Un horaire d'entrainement régulier accompagné d'exercices de réchauffement avant de courir et d'étirements au retour.  Je mets beaucoup d'emphase sur le réchauffement afin d'éviter les blessures.  Ces exercices préparatoires comportent des étirements statiques et dynamiques pour un échauffement général à spécifique. 

On débute avec des rotations de la tête et du cou, éveillant les cervicales puis les épaules et les bras. Les flexions du torse et les rotations de hanche sont essentielles pour étirer les muscles de la gaine, les fessiers et le psoas. L'échauffement des genoux et des chevilles est également primordial afin d'éviter les blessures si fréquentes à ce sport. Des mouvements de rotation de chacune de ces articulation assurent une meilleure réponse des muscles lors des enjambées, tels, en mon cas, les muscles tenseurs du facia lata.  Des mouvements de dorsiflexion et d'extension du pied, des orteils au talon, pointe- flexion, terminent cette première étape de réchauffement.




Je jogge légèrement durant une dizaine de minutes afin d'élever ma capacité cardiovasculaire et respiratoire. Les étirements balistiques fonctionnels s'ensuivent: des skips, des fentes, des jambettes, talon aux fesses, genoux hauts, pas ciseaux, pas chassés (droits, de côté, entrecroisés), foulées bondissantes... Je fais des mixtes avec ces exercices, variant les mouvements pour une meilleure coordination et synchronisation neuronales.  Ils ont l'avantage d'améliorer la proprioception sur le terrain. On peut ou pas faire quelques accélérations courtes. À cette étape je suis prête pour entamer la course.

Au retour de l'entrainement, je bois très souvent un bon smoothie protéiné tout en m'étirant : les mollets, les ischio-jambiers, les abducteurs, les quadriceps, les fesses et le haut du corps. Ce dernier englobe la poitrine (mains jointes derrière le dos), le dos (mains jointes, bras étirés devant le corps), les obliques, les  épaules... La meilleure méthode de récupération demeure, à mon avis, une bonne séance de yoga bien adaptée au besoin de ce sport! (à suivre...)




09/07/2014

Jour 1 du YTT (1ère partie)

Toute chose ayant un commencement, je me retrouve dans une grande salle bleu parmi un peu plus d'une vingtaine de participants à recevoir l'information portant sur le déroulement de ces prochaines semaines...

L'accueil a été impeccable, mis à part l'épellation de mon nom écrit sur la couverture du cartable du cours qu'on m'a remis à l'arrivée avec la carte des dix séances gratuites; c'est chose courante chez les anglophones de faire ce type d'erreur, bof!... Tout s'est enchaîné rapidement, normal, il s'agit d'une formation intensive... La question fatale suit la brève introduction de présentation: Pourquoi êtes-vous ici? quelles sont vos intentions? On n'a pas la journée pour y réfléchir, se perfectionner, approfondir ses connaissances, briser le karma.

L'évaluation, ha! oui, je n'y avais pas vraiment pensé, sauf peut-être cet examen à faire chez soi, consistera en un ensemble de 8 séquences à créer et présenter, 3 articles à écrire sur le yoga: mon expérience personnelle, la philosophie du yoga et un dernier article sur un thème de mon choix. De plus, il me faut enseigner 3 classes, dont 2 au Centre et une à l'extérieur.

Et voilà, c'est parti mon Quiqui! Qu'est-ce que le yoga? Qui est Patanjali? Qu'est le Hatha Yoga? La matinée se termine déjà, au son du Aum (Om)...

05/07/2014

Yoga, prochain niveau...

Le chakra de la visualisation réalisée, mon entrainement pour enseigner le yoga débute dans moins de 48 heures... (à suivre...)

23/02/2014

La tradition yogique: 1- Les Vedas


Les origines du yoga remontent à plus de 1500 ans avant notre ère, à l’époque des premiers écrits spirituels de l’hindouisme, les Vedas (1700-1100 BC), Veda signifiant Connaissance. On les attribue aux Rishis, ou yogis védiques, les maîtres de la réalité suprême d’une culture archaïque où prédomine le rituel, le sacrifice et le cérémoniel.


On estime le plus ancien de ces écrits, le Rig Veda (Rig signifiant éloge) et ses 1028 hymnes, la source même du yoga. Cette poésie brahmanique établit un lien fusionnel entre l’être et la nature, yoga signifiant ne faisant qu’un.  La méditation y est amplement professée.  Il s’agit de transcender sa nature et son ego pour ne faire qu’un avec le divin, pour atteindre un état de conscience pure, à l’aide de mantras. Les mantras sont des chants de mots sanskrits répétés de manière à ressentir leurs bienfaits vibratoires au plus profond de son être, et la joie qu’ils procurent en mettant l’emphase sur la respiration.  De nos jours, on rencontre également les kirtans, une pratique de chants dévotionnels. 
Plus tard, le Yoga Sutra ajoutera la technique de visualisation à la pratique méditative. Cette méthode de concentration sur un point fixe, les  drishtis, qu'il soit une divinité, une intention ou un objet dans l’espace, isole le méditant des distractions qui l’entoure, engageant son esprit au cœur de la conscience de soi. 
Les Vedas comportent d’autres écrits : Le Yajur Veda ou la connaissance du sacrifice; le Sama Veda, la connaissance des chants; et le Atharvana Veda, plus controversé, la connaissance ésotérique : la magie, les sciences occultes, la mystique et le monde des morts.
 
Sources:
-Teaching yoga, de Mark Stephens
-Internet
 
 

14/02/2014

Février me rappelle l’Oubli...


 

 

À se rappeler les détails                                                                                               

Inutiles et insignifiants                                                                                                    

En tout et partout,                                                                                                         

Qui sonnent pauvrement                                                                                             

D’une misérable monnaie convoitée                           

L’Oubli                                                                                                                       

Trône de tous ses blancs de la vie.
 
(Extrait tiré de mon Recueil de poésie)